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Haïti-Patronales: Gonaïves a fêté la St-Charles malgré tout

Gémissant encore sous le poids des pertes humaines et matérielles causées par le passage des tempête tropicales Hanna et Ike, la ville des Gonaïves a célébré ce mardi 4 novembre, Charles Borromée, son saint patron.

Par Robens Duversaint (envoyé spécial)

La traditionnelle messe dite à la cathédrale du Souvenir a été, cette année, la principale attraction de la patronale. La chorale paroissiale a chanté et les enfants ont dansé comme s’il ne s’était rien passé aux Gonaïves, il y a juste deux mois.

« Curieux contraste », diraient certains. « Témoignage de foi », répliqueraient d’autres. En effet, depuis une semaine, des fidèles s’adonnaient corps et âme à une campagne de curage pour donner un nouveau visage à la cathédrale, aussi sévèrement touchée par les récentes inondations.

Pour le révérend père Max Leroy Mésidor, ancien curé de la paroisse voisine de Saint-Marc, c’est tout simplement la preuve que Dieu n’abandonne jamais son peuple quelque soit les circonstances. « Notre Dieu est le Dieu des surprises », a-t-il lancé en remerciant tous ceux qui ont pris part à la célébration.

A peine revenu d’une épuisante tournée dans le Sud, Bernadito Auza, le nonce apostolique, s’est engagé sur la redoutable route du Nord, à l’invitation de l’évêque des Gonaïves Yves Marie Péan, pour venir présider la cérémonie eucharistique à l’occasion de la St-Charles.

Le représentant du Saint Père en Haïti a lu pour l’occasion un message de foi et de réconfort centré sur l’environnement qui est perçu comme une manifestation de sollicitude du pape Benoît VXI envers la population des Gonaïves en lui disant ce que Paul écrivait aux chrétiens de Philippe : « Dieu m’est témoin que je pense à vous avec toute la tendresse du Christ Jésus. Je voudrais que chez vous l’amour aille en croissant, en même temps que la connaissance et la lucidité ».

Hors de ce sanctuaire, c’est un spectacle désolant qu’offre la cité de l’Indépendance. D’épaisses couches poussiéreuses s’étalent sur la chaussée alors que la boue laissée par les eaux en furie jonche encore les rues dans certains quartiers, a constaté Haïti Press Network.

Les véhicules qui vont ou qui viennent du Nord sont obligés d’emprunter la voie de « Ka Solèy », car l’accès à l’avenue des Dattes (la Grand Rue) est interdit à causes des travaux enclenchés notamment par le Centre National des Equipements (CNE). Ce qui provoque parfois de sérieux bouchons.

« Jusque-là, ils n’arrivent qu’à déblayer le centre-ville et désenclaver certaines routes principales. Certains quartiers comme Trou Sable, Parc Vincent 1 et 2 sont toujours inaccessibles », a confié Josué Jean-Baptiste, un journaliste local, victime des récentes inondations, il ne parvient pas à s’installer à nouveau dans sa résidence à cause d’une montagne de boue dressée à proximité.

« Des travaux sont en train d’être effectués également au niveau du réseau électrique, mais ici il n’y a plus d’électricité. Les radios qui fonctionnent réduisent programmation. D’autres [depuis le passage des tempêtes tropicales en septembre dernier] comme Sun et Tambour se sont éteintes à jamais », a poursuivi Jean-Baptiste.

Si la réouverture officielle des classes est prévue le lundi 10 novembre prochain, des établissements ont déjà commencé à faire venir particulièrement les élèves en classes d’examens (6e et 4e années fondamentales, rhéto et philo) pour pouvoir rattraper le temps perdu. Elle ne sera par contre toujours pas effective pour des écoles, à l’instar visiblement du Collège Moderne des Gonaïves.

Fondée en 1522, Gonaïves tire son nom de Gonaïbo (localité du Caciquat de la Maguana, à l’époque indienne). Elle se situe à 160 kilomètres au nord de Port-au-Prince. Chef-lieu du département de l’Artibonite, elle est le siège de la proclamation de l’Indépendance de la première république noire du monde, le 1er janvier 1804.

robensfusion@yahoo.fr

RD/HPN

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